
Les étangs de Saclay (Essonne, France)
Lundi 16 mars 2025
Nos regards pleins d'espoir ont scruté les abords des 2 étangs pour dénicher une première Sarcelle d'été, mais ce n'était pas encore l'heure de son arrivée. En moyenne depuis 2020, elle arrive à Saclay le 16 mars, si l'on exclut le tour pendable qu'elle nous a fait en 2024 avec une seule apparition printanière un 11 avril ! Les prochains jours diront si notre porteuse de virgule blanche daigne se poser "dans les temps".
Sinon, les amateurs de canards seront toujours satisfaits de les voir tournoyer et parader sans modération. N'oublions pas que les femelles pondent dès qu'elle atteignent leurs sites de reproduction, notamment pour les couples qui nichent aux plus hautes latitudes. Il y a des juvéniles dans les nids de Hérons cendrés et de Grands Cormorans. De la colonie mixte, partent des sons gutturaux dont l'harmonie laisse à désirer. Un petit enregistrement ci-dessous vous donne une idée du tintamarre. C'est réalisé au smartphone, donc pas de la haute définition, sans oublier le bruit de fond permanent du plateau de Saclay. Merlin ne vous donnera pas grand chose de précis en dehors des quelques passereaux présents. Parfois il identifie l'Oie cendrée pour un cri de Héron de la même couleur !

Dimanche 15 mars 2026
Un seul mâle de Pilet à l'appel ce matin. Peut-être le solitaire qui dormait à l'écart du groupe de 6. Il aura donné rendez-vous à des amis (au moins une ?) avant de poursuivre son chemin. Saclay est connu mondialement comme le lieu idéal pour se retrouver et faire le point sur la poursuite d'un voyage amoureux. On a vainement cherché la Sarcelle d'été, mais les températures négatives de la nuit ont dû ralentir les migrateurs les plus téméraires. Hier soir, Laurent m'a signalé 2 Bécassines des marais, les premières de l'année. Le niveau d'eau reste très haut à dessein, on le baissera à la fin du mois, c'est-à-dire dans pas longtemps... Des centaines de Mouettes rieuses moucheronnaient sur l'étang Neuf. La preuve en images du jour, plus les meilleures photos de Roitelet à triple bandeau faites à Saclay grâce à Dominique. Quant aux Bécassines, elles proviennent du plus profond tiroir des archives.









Samedi 14 mars 2026
Ce matin, 7 Canards pilets au rendez-vous, 6 d'un côté dont 2 mâles et 1 autre mâle à l'écart. D'après Laurent, les 6 étaient déjà là hier soir. Même si ce n'est pas original à cette époque, on apprécie leur visite à sa juste valeur. Dommage qu'ils soient restés très loin de la route. Rien d'autre à signaler sinon le passage de quelques Mouettes mélanocéphales, comme chaque jour. Elles allaient peut-être aux étangs de Saint-Quentin rejoindre la centaine présente ce matin.
Quelques portraits des carnivores qui sont étudiés attentivement quant à leur phénologie de passage sur les abords de l'étang Vieux. Le renard est passé ce matin à 11h30 (reçu par le 4G) ! Les photos du Blaireau et du chat* sont très récentes, celles des 2 autres mustélidés viennent des archives.
* Seul chat qui circule sur la rive nord actuellement. Rappelons que ces animaux sont à environ 2 m des objectifs (dont les angles sont variables selon les modèles, d'où la taille relative des sujets) !





Vendredi 13 mars 2026
Il fallait être motivé ce matin, bien s'accrocher au parapet et tenir la longue vue d'une main ferme et décidée. Seul spectacle sous les rafales, des dizaines de Souchets en mode fluctuat nec mergitur. Demain, les dieux de la pluie et du vent devraient nous lâcher la grappe, avec l'espoir de nouveaux migrateurs printaniers. Nous sommes heureux de les revoir, mais est-ce réciproque ?






Jeudi 12 mars 2026
Point de Milan noir, ni d'hirondelle aujourd'hui. Stabilité dans les effectifs de canards. Par contre, passage d'une femelle/jeune de Busard des roseaux cet après-midi.
Un hommage photographique à la Buse variable, celle que l'on observe un instant lorsqu'elle tournoie aux premiers ascendants de la journée, et que l'on oublie vite parce qu'elle n'était pas une autre espèce de rapace 😏. La vidéo ci-dessous est très récente (issue d'un piège-photo), les images fixes sont issues des archives et traduisent bien la variabilité qui lui a valu son nom vernaculaire spécifique.








Mercredi 11 mars 2026
Aucune hirondelle sous la dépression ce matin et pas plus cet après-midi. Ce n'est que partie remise. À propos de Rémiz (et bien que la période des soldes soit terminée 🤭), souvenez-vous que mars et octobre sont les mois de passage de cette pseudo-mésange. Toutes les observations ont été faites depuis la route (roseaux ou saules). J'entends ceux qui se demandent quand va arriver le premier Milan noir à Saclay. Eh bien dans pas longtemps, puisqu'il est déjà signalé en IDF. Normalement mi-mars si l'on se réfère aux 2 dernières années. Rappelons que ce rapace niche depuis 2020 sur l'étang Vieux après plusieurs tentatives infructueuses depuis 2015.
Photos d'archives pour les oiseaux évoqués.




Mardi 10 mars 2026
Avec cette lumière, la photosynthèse bat son plein. En approchant bien son oreille, on entend les électrons circuler dans les chloroplastes 😎. Les Iris émergent des ondes avec une vitesse qui force le respect. Les Bruants des roseaux sont sortis des friches qui les ont bien nourris cet hiver. Leur ventre rond en est la preuve... Les mâles choisissent un territoire et chantent pour le conserver. Aucune Grande Aigrette dans le secteur ce matin. Si l'on examine les effectifs des autres années, on constate leur disparition à partir de mi-mars. Il nous reste les 2 Garzettes hivernantes. Quant aux 3 hérons garde-bœufs qui vaquaient à leurs occupations vers Viltain, on ne sait pas où ils sont passés. En se référant aux autres années également, on peut s'attendre à voir débouler des bandes conséquentes dans la 3ème décade de mars. Il ne se passe rien sur l'eau. Avec les pluies annoncées pour ces prochains jours, on peut espérer une bonne surprise, à minima des hirondelles. Ouvrons l'œil ! Quelques images très récentes, exceptées les Grandes Aigrettes.






Lundi 9 mars 2026
Avec cette douceur, les mammifères volants montrent le bout de leur museau dès que la nuit s'impose au jour. Pipistrelles et Oreillards sont déjà actifs. C'est le moment de capturer l'insecte nouveau et de donner son impression gustative. Sont-ils gourmands croquants ou un peu mous sous la canine ?
Les Cygnes tuberculés soignent leur toilette nuptiale, puis partent en bruyantes et spectaculaires poursuites qui se terminent aussi rapidement qu'elles ont commencé. Enfin, les joutes finissent en contorsions câlineuses.
Images d'archives qui traduisent de tels comportements, et le coucher de soleil traditionnel.








Dimanche 8 mars 2026
Il a fallu beaucoup de patience avant que l'épais brouillard ne se déchire dans un silence assourdissant. Visite rapide en début d'après-midi pour scanner les 2 étangs à la longue-vue. Les éternels Souchets "meublaient" les abords, ici et là saupoudrés de Sarcelles d'hiver et de Chipeaux. Les effectifs de Grandes Aigrettes que l'on dénombre dans les champs tout proches de l'étang Vieux ont varié de zéro à 18 dans la semaine. Serait-ce le résultat d'un flux migratoire ou simplement celui de l'humeur vagabonde des hivernantes ? Comment poser la question aux grandes élégantes blanches ?
Images récentes qui traduisent le printemps dans sa précocité à travers les objectifs de Jean-Pierre.






Samedi 7 mars 2026
Lorsque nous rédigions Les Oiseaux d'Île-de-France (Delachaux et Niestlé, 2013), nous écrivions pour le passage prénuptial de la Mouette mélanocéphale : "elle apparaît en avril et mai surtout, mais les arrivées semblent être de plus en plus précoces (sans doute en relation avec l’accroissement de la population nicheuse) avec, de plus en plus fréquemment, des observations dès fin février". Le changement est net à présent pour notre région. L'arrivée fin février- début mars est devenue classique, et après le 15 avril (sauf impondérable climatique), celles qui nichent en Belgique, Pays-bas, Allemagne, Danemark sont toutes passées. Rappelons qu'il y a entre 400 et 500 couples nicheurs en IDF, essentiellement en Seine-et-Marne. Ce matin, parmi le millier de Rieuses, on distinguait quelques adultes de Mélanos, et leurs miaulements surmontaient le raffut permanent du plateau de Saclay. Quand elles sont posées dans les champs, regardez s'il y en a des baguées.
Toujours pas de Rustica au-dessus des étangs, mais il arrive qu'elles soient observées près des fermes avant qu'on ne les voie chasser sur les étangs. À la moindre averse, elles viennent moucheronner et raser les flots ! Images d'archives.





Vendredi 6 mars 2026
Apparemment, la première Hirondelle rustique (celle qui est passée au Mans ? 😉) n'a pas choisi le "grand Saclay", mais le Petit Saclay, zone cultivée qui se trouve entre le CEA et la ligne 18/N118. C'est la première pour notre région également !
Des Mouettes rieuses dans tous les plumages patrouillent sur l'étang Neuf. Elles y trouvent les insectes qui émergent sous l'effet de la douceur ambiante. Elles viennent se reposer sur l'étang Vieux, ou dans les champs proches.
Quelques images d'archives de la Rieuse qui, curieusement, n'a jamais niché à Saclay, malgré quelques tentatives avortées à la fin des années 1970 (étang Vieux) et au début des années 1980 (étang Neuf). Sur d'autres radeaux en IDF, elle a réussi à s'installer, parfois à côté des sternes.









Jeudi 5 mars 2026
Je vous ai fait miroiter l'arrivée d'une première Hirondelle rustique cette semaine, mais il apparaît qu'elles progressent avec prudence. Elles sont signalées, dans le Midi bien sûr puisqu'elles y hivernent, mais déjà dans la Sarthe (1 au Mans aujourd'hui, donc pas loin de Saclay par l'A11 !), en Charente maritime, en Vendée et dans les départements de Bretagne sud. Pour compenser et pour leur faire savoir qu'on les aime, quelques photos issues des archives, dont une datant d'un 14 mars (par Suzanne, qui les apprécie particulièrement 😊). Sinon, au risque de s'endormir sur la longue vue, on a compté les Souchets en matinée, ça change des moutons. Il y en a encore 160 (à un ou 2 près). Par contre, les effectifs de Sarcelles d'hiver et de canards plongeurs ont fondu comme neige au soleil.




Mercredi 4 mars 2026
Comme les oiseaux d'eau nous déçoivent un peu*, nos regards (au moins le mien 😇) s'orientent vers les insectes réveillés un peu plus chaque jour par ce climat doux. Vous avez sûrement remarqué le bourdonnement des... bourdons, l'envol de papillons et celui de "mouches" diverses (diptères). Il est temps d'aiguiser sa patience, pour les prises de vues, car certains sujets peuvent en nécessiter beaucoup.
Avec le vent orienté sud-est, des Grues cendrées sont parfois déviées de leur couloir migratoire habituel. Il en est passé une soixantaine au-dessus de Verrières-le-Buisson (91) aujourd'hui, donc pas loin de nos étangs favoris. Images d'ambiance dont la lune rouge une nouvelle fois vers 7h hier matin.
* Ne leur dites rien, ils ont assez mauvais caractère. Si je vois dans leurs yeux un soupçon de reproche, je saurai que c'est vous...


Mardi 3 mars 2026
L'espèce de la journée est une Alouette lulu détectée ce matin en vol au-dessus de la friche de l'étang Neuf. Elle n'avait pas été signalée à Saclay depuis novembre 2014. C'est le début du passage prénuptial. La Lulu est plus facile à observer (surtout entendre) en automne lorsqu'elle descend vers le sud, adultes et jeunes réunis. Encore faut-il qu'elle vole suffisamment bas (pour les vieilles oreilles 😉). Rappelons qu'elle niche dans notre région avec une quarantaine de couples (zones sableuses et ouvertes des forêts de Fontainebleau et de Rambouillet) et hiverne parfois. Rien à signaler chez les canards.
Quelques images récentes, dont la pleine lune du jour (elle devrait être rouge dans la nuit !).






Lundi 2 mars 2026
Le premier oiseau d'eau qui niche est la Foulque, même les Colverts n'oseront lui contester cette place sur le podium. On connaît la Macroule et sa capacité à montrer ses œufs à tous les passants. Elle n'hésite pas à construire son nid au plus près de la digue pour le plaisir des photographes. Sa petite cousine, la Poule-d'eau est capable de nicher en pleine ville sur de petites mares avec son tas de brindilles à "portée de main". Est-ce une stratégie adaptative de la famille ? La présence des humains éloignerait-elle leurs prédateurs ?
Ce matin, nous n'avons vu ni Pilets, ni Siffleurs. Ils sont vraiment pressés d'arriver sur les sites de reproduction ! La concurrence doit être rude !
Quelques images de Foulques. La première est la seule "fraîche du jour", puis des ambiances.






Dimanche 1er mars 2026
La journée a commencé avec un beau lever de soleil et s'est terminée avec un couchant de la même "majesté". Parmi les nombreux Souchets (environ 160, ça grimpe en mars !), on a eu le plaisir d'admirer 2 couples de Pilets et un couple de Siffleurs. En cherchant bien sur les abords des 2 étangs et dans les champs alentour, on trouvait une dizaine de Grandes Aigrettes, 4 Hérons garde-bœufs et 2 Aigrettes garzettes. Quelques images qui datent d'hier ou d'aujourd'hui.









Samedi 28 février 2026
Le dernier jour du mois est l'occasion d'en faire le bilan. Nous n'avons pas eu de sensations fortes, mais c'est peut-être mieux compte-tenu de l'âge moyen des observateurs et photographes 😇. Le résumé est rapide, 4 Nettes le 10, 2 Pilets le 20 et 6 le 22, enfin 2 Siffleurs le 22. En faisant "le forcing", on a rajouté 3 espèces ce matin, quelques Bruants des roseaux (de retour depuis les friches où il hiverne), un Rougequeue noir (qui niche sur le site industriel de la DGA, mais se balade sur l'étang Vieux au gré de ses humeurs) et un petit groupe de Pinsons du Nord. J'ai extrait 3 photos des archives. On termine ce début d'année avec 85 espèces observées depuis le 1er janvier. On a eu plus et on a eu moins. Mars ne devrait pas nous apporter que des eaux, vu ce que l'on a pris en février... Les paroles de G. Moustaki nous suffiront largement :
Un pas, une pierre, un chemin qui chemine
Un reste de racine
C'est un peu solitaire
C'est un éclat de verre
C'est la vie, le soleil
C'est la mort, le sommeil
C'est un piège entrouvert...





Jeudi 26 février 2026
La fin du mois approche dangereusement et l'on ne peut pas dire que l'avifaune des étangs nous a transportés de joie. Certes, il y a eu un petit passage de Pilets les 20 et 22, mais nous restons sur notre faim. Aujourd'hui, on s'est contenté de 2 Ouettes d'Égypte. Faute de grives, on mange du merle, dit le proverbe... L'Ouette est une échappée de captivité, en catégorie C de la liste des oiseaux de France. Elle a été largement introduite dans les parcs zoologiques d'Europe du Nord (cf. carte issue de Wikipedia), puis elle s'est répandue plus au sud, jusqu'en Île-de-France. Il y a entre 250 et 300 couples nicheurs en France et près de 2000 ont été dénombrés au recensement de mi-janvier 2025 (histogramme issu du rapport WI national de la LPO), essentiellement répartis dans le nord-est du pays. Une vingtaine est signalée mi-janvier en IDF. L'Ouette est considérée comme espèce exotique envahissante, bien que l'on ne connaisse pas réellement son impact sur les autres espèces d'anatidés* ni sur l'environnement en général. Elle est soumise à régulation, là où elle est très abondante. Pour terminer, les auteurs du début du XXème siècle attribuaient les captures (car on tirait d'abord et on identifiait ensuite 😏) provenant du sud de la France à des individus sauvages. À cette époque, l'Ouette d'Égypte nichait encore dans le nord de l'Afrique (d'où son nom), ce qui n'est plus le cas (cf. la carte). Photos d'archives pour ce qui est de l'Ouette.
* On la décrit comme agressive vis-à-vis des autres anatidés lorsqu'elle niche... Ça s'appelle défendre son territoire !




Vendredi 27 février 2026
Ce matin, un mâle de Busard des roseaux en mue a été signalé (photo du jour). C'est une date précoce, car on voit plutôt arriver les premiers migrateurs dans la seconde semaine de mars (parfois dès la première). Ça ne fait pas une grande différence avec les dates habituelles me diriez-vous, mais depuis "qu'ils nous ont déréglé le climat" 😉*, on grignote régulièrement quelques jours avec les années qui passent. Le Busard des roseaux va finir par hiverner en Île-de-France... D'ailleurs, on a des cas de passages en période hivernale dans notre région et même à Saclay. J'en ai observé un le 25 janvier 1997 !
Sinon, rien à signaler chez les oiseaux d'eau. Il reste demain pour bien finir le mois le plus court de l'année et, dès dimanche, marcher vers un printemps radieux avec de nouvelles coches plein les poches.
* Autrefois, on disait que c'était à cause de la bombe atomique 😎.

Mercredi 25 février 2026
Vous conviendrez qu'on ne raconte pas souvent la vie du Blaireau à Saclay, et je crois savoir qu'il en est fort marri. Pour lui faire plaisir, l'histogramme ci-dessous vous montre la phénologie de passage devant 5 pièges-vidéos pendant 3 années complètes (1er janvier 2023 au 31 décembre 2025). Ils étaient installés en sous-bois sur le pourtour de l'étang Vieux (2 appareils rive nord, 1 à la jonction rives ouest et sud et 2 sur la rive sud). L'année 2024 se détache avec un nombre de données nettement plus important, qu'il est difficile d'expliquer compte-tenu de la surface étudiée (une dizaine d'ha). Le profil de passage montre un pic en hiver (février-mars) et de nouveau en automne (septembre-octobre). Comme nous n'avons pas d'indices de présence de terrier autour de l'étang, nous pensons qu'il s'agit d'individus en recherche de nourriture et d'eau (on connaît des terriers à 2-3 km environ). D'ailleurs, les vidéos le montrent en activité, humant les feuilles mortes pour y détecter ses proies favorites (vers, escargots, insectes, grenouilles etc).
Pour illustrer ce court résumé de la vie de notre mustélidé (qui autrefois a été classé avec les ours, ursidés !), une vidéo (compilation de 3 jours) très récente où l'on voit, ce qui est rare, deux individus ensemble. On suppose un mâle, plus massif, et une femelle. Notez leur comportement en milieu de séquence lorsqu'ils "frottent" leur arrière-train sur le sol. La couleur apportée par le flash LED permet de voir qu'il est jaune chez l'un (le mâle ?) et plus clair (propre ? 😉) chez l'autre (la femelle ?)... J'ai les mêmes séquences en noir et blanc, mais, une fois de plus, la couleur apporte des infos qui peuvent être précieuses.


Mardi 24 février 2026
En matinée, ça chantait un peu partout dans les frondaisons. Au moins 2 Fauvettes à tête noire entonnaient leur refrain printanier sur la rive ouest. Rien d'original à cela, on sait que cette fauvette passe l'hiver dans notre région et qu'on peut l'entendre gazouiller fin février dès qu'il fait doux. Rappelons qu'elle se contente de baies et de graines en hiver contrairement à ses cousines (grisette et des jardins) qui gagnent l'Afrique dès la fin de l'été. Le Pouillot véloce, la Bouscarle, le Pinson des arbres, le Merle noir, les Grives musicienne et draine faisaient partie de l'orchestre. Il reste encore de nombreuses Grives litornes et mauvis pour nous rappeler que l'on n'est pas encore en avril ! Les Hérons garde-bœufs qui avaient fui la neige reviennent par unité. Il y en avait 4 aujourd'hui. Les Souchets tiennent le "haut du pavé" dans la société des anatidés, avec une centaine de becs plats comptés ces jours-ci. Des grognements fusent de la rive sud depuis la colonie mixte de Hérons cendrés et Grands Cormorans.
Quelques images (anciennes et récentes) des mangeurs de baies, des chanteurs du moment etc, sans oublier les couleurs du couchant !
NB. La rue Jean Rostand qui passe devant l'entrée principale de la DGA-EP est coupée jusqu'au 15 mars !










Lundi 23 février 2026
On avait la lumière ce matin, mais les Pilets et Siffleurs avaient pris la fuite à notre petit désarroi ; cependant nous en verrons d'autres si l'on en croit les archives. On a vu tous les canards "classiques" en 2026, sauf la Sarcelle d'été, celle qui annonce l'arrivée du printemps. Si l'on connaît des données fin février en Île-de-France, on a tout de même plus de chances de la voir arriver en mars. Mais qui sait ce qui peut se passer dans la tête d'une S. d'été avec le dérèglement climatique ? Ce matin, il y avait 22 Grandes Aigrettes dans les champs entre la ferme d'Orsigny et la réserve. Elles se dispersent en fonction des dérangements, soit vers d'autres cultures, soit dans les phragmitaies des 2 étangs. Quelques images très récentes grâce à JP.







Dimanche 22 février 2026
C'est déjà le 9ième anniversaire de la visite inopinée* d'un Fou de Bassan aux étangs de Saclay. Un lendemain de tempête sur la Manche, je faisais visiter la réserve à des officiels du Département de l'Essonne (espaces naturels sensibles) quand un groupe de Mouettes rieuses est apparu poursuivant un grand oiseau blanc avec le bout des ailes noir ! Habitué des Côtes d'Armor en face des Sept Îles, mon sang n'a fait qu'un tour. Heureusement j'avais un numérique à portée de la main (photos témoignages avec le matériel de l'époque..). Le Fou est resté jusqu'au lendemain matin. Ses plongées ont paru sans succès. La profondeur de l'étang Vieux n'était pas à la mesure de ses capacités de pêcheur, il devait se planter dans la vase !
Sinon, aujourd'hui, on s'est contenté de 4 Pilets et 2 Siffleurs, pour le bonheur des observateurs dominicaux. On aurait tout de même aimé un peu plus de lumière pour en apprécier les plumages nuptiaux. Peut-être la semaine prochaine avec la "vague de chaleur" qui nous est promise.
* je n'utilise pas l'adjectif "incroyable" car il est réservé aux commentateurs des JO qui ne semblent pas connaître d'autres termes dans la langue de Molière 😉



Samedi 21 février 2026
Les Pilets ont poursuivi leur chemin migratoire vers des zones humides à la hauteur de leurs ambitions reproductives. Les Grandes Aigrettes présentent des effectifs très fluctuants, tout au moins celles qui sont gourmandes des nourritures terrestres que leur offrent les champs qui jouxtent l'étang Vieux, voire un peu plus loin vers la ferme d'Orsigny. Les 2 Aigrettes garzettes hivernantes sont toujours visibles et peut-être futures nicheuses en mai. Pas de nouvelles des 2 Hérons garde-bœufs qui ont été vus jusqu'au 14. Les colonies de Grands Cormorans et de Hérons cendrés comptent une trentaine de couples pour le moment, mais un dénombrement plus précis avec un drone sera effectué mi-mars. La douceur prévue par les devins qui lisent dans les variations anticycloniques pourrait pousser une Hirondelle rustique vigoureuse à faire une apparition furtive au ras des eaux. À nous de ne pas la rater, elle en serait fort marrie.
PS. Arnaud m'a signalé ce soir la présence de 5 Grandes Aigrettes et 3 Hérons garde-bœufs présents au rond-point de Razel (Poirier brûlé) dans l'après-midi (photos).



Vendredi 20 février 2026
Je ne sais pas si ça vous a fait la même impression, mais on se serait cru un 21 février aujourd'hui ! En tous cas, les acteurs étaient bien présents. Un premier couple de Canards pilets avec un mâle bien rosé sur le ventre, trahissant ainsi son lieu de résidence hivernal riche en latérites. Certains ont les moyens de se payer des séjours de rêve au soleil, d'autres ont dû se contenter des estuaires atlantiques. Les deux arrivants avaient les yeux cernés, fatigués par un si long voyage, ou par un excès de parades préliminaires. Heureusement, il y a Saclay pour reprendre de la "plume de la bête". Les Draines criaient à s'en faire "péter le syrinx*", histoire de couvrir le chant des Musiciennes.
La première photo vous permet de deviner la silhouette du couple arrivé dans la nuit. Ils occupaient le milieu de l'étang Vieux, d'où la qualité d'image. Les suivantes, issues des archives, vous les présentent sous leur plus beau jour. Quant aux 2 grives, je laisse aux débutants le soin de distinguer la Draine de la Musicienne.
* Organe vocal des oiseaux.






Jeudi 19 février 2026
On n'a pas remarqué de grandes bandes de Pinsons des arbres cet hiver, que ce soit sur le plateau de Saclay (et donc aux abords des étangs) ou dans les vallées proches près des mangeoires de jardins. N'a-t-il pas fait assez froid ou l'espèce a-t-elle perdu une partie de sa population ? Certes, on l'entend chaque jour pousser son cri dans les arbres mais il reste discret. Quant au Pinson du Nord, s'il y a quelques rares hivernants dans les vallées, il n'a pas encore été signalé ni autour ni aux abords de la réserve.
Le niveau d'eau des 2 étangs est à son maximum, mais il est maintenu en respect grâce aux aménagements et à la gestion du SIAVB. Espérons que les poissons viendront grignoter les plantes qui se sont développées excessivement sur la vasière ouest. On compte sur eux pour faire la différence entre "les bonnes et les mauvaises herbes" 😉.
Quelques photos d'archives de pinsons, dont un du Nord venu se glisser subrepticement dans la bande.





Mercredi 18 février 2026
Christian m'a signalé une Bergeronnette de Yarrell (Motacilla alba yarrellii) ce matin près de l'aqueduc des Mineurs. Cette sous-espèce de la B. grise niche dans les îles britanniques, mais déborde sur les côtes normandes où l'on trouve des hybrides. Elle hiverne sur les côtes de la Manche et atteint l'Île-de-France, notamment dans la moitié ouest. On la voit, presque chaque année, en petit nombre (souvent à l'unité) dans les mares des champs qui jouxtent l'étang Vieux, parfois sur une vasière. Si le mâle est caractéristique (noir sur le dos, entre autres critères), la femelle et les jeunes de 1ère année sont un peu plus difficiles à identifier. Pour ceux qui ne connaissent pas cette sous-espèce, la planche ci-dessous* compare les plumages femelle et jeune de la Yarrell avec ceux de la Grise.
William Yarrell (1784-1856) était un zoologiste britannique renommé (https://en.wikipedia.org/wiki/William_Yarrell). C'est John Gould (1804-1881), le descripteur de la sous-espèce, qui a honoré W. Yarrell en lui attribuant le nom de son collègue**.
Quelques images de cette Yarrell, de piètre qualité car elle se tient toujours à grande distance, notamment à Saclay. Par contre, elle peut être facile à approcher sur les côtes maritimes. J'ai rajouté 2 photos de la sous-espèce type.
* Extrait du Guide expert de l'Ornitho, Vinicombe, Harris et Tucker (Delachaux et Niestlé) 2014.
** Le descripteur d'un taxon ne donne jamais son propre nom à ce taxon mais honore soit un collègue, soit une personnalité de son époque.






Mardi 17 février 2026
En dehors de l'effectif de Bernaches qui avoisine les 150, ceux des autres oiseaux d'eau n'étaient pas bien "gras". Comme ils se dispersent sur les abords à cause du niveau d'eau, difficile d'avoir des comptages précis depuis la route. Les Hérons cendrés et les Grands Cormorans résistent au mieux malgré les bourrasques. Seule la lumière était de notre côté toute la journée !
Peut-être des images en fin de soirée si j'en reçois d'originales

Lundi 16 février 2026
On a beau donner le top de départ, ce n'est pas pour cela que les migrateurs font leurs bagages et prennent le premier vol collectif vers le nord. Patientons avant que les voies aériennes ne s'ouvrent. Les granivores poursuivent leur séjour dans les friches, là où les fruits secs abondent en cette saison. Citons, par exemple, la mélodieuse Linotte dont on m'a déjà signalé des bandes vers Orsigny mais pas encore sur les abords de la réserve depuis le début de l'année. Les bouleaux ne fructifient-ils pas suffisamment pour attirer ces gourmandes ? Si elle n'a pas une grosse tête, elle prétend par contre posséder une mémoire aussi bonne que celle de ses cousins du "même tonneau".




