
Les étangs de Saclay (Essonne, France)
Vendredi 20 février 2026
Je ne sais pas si ça vous a fait la même impression, mais on se serait cru un 21 février aujourd'hui ! En tous cas, les acteurs étaient bien présents. Un premier couple de Canards pilets avec un mâle bien rosé sur le ventre, trahissant ainsi son lieu de résidence hivernal riche en latérites. Certains ont les moyens de se payer des séjours de rêve au soleil, d'autres ont dû se contenter des estuaires atlantiques. Les deux arrivants avaient les yeux cernés, fatigués par un si long voyage, ou par un excès de parades préliminaires. Heureusement, il y a Saclay pour reprendre de la "plume de la bête". Les Draines criaient à s'en faire "péter le syrinx*", histoire de couvrir le chant des Musiciennes.
La première photo vous permet de deviner la silhouette du couple arrivé dans la nuit. Ils occupaient le milieu de l'étang Vieux, d'où la qualité d'image. Les suivantes, issues des archives, vous les présentent sous leur plus beau jour. Quant aux 2 grives, je laisse aux débutants le soin de distinguer la Draine de la Musicienne.
* Organe vocal des oiseaux.






Jeudi 19 février 2026
On n'a pas remarqué de grandes bandes de Pinsons des arbres cet hiver, que ce soit sur le plateau de Saclay (et donc aux abords des étangs) ou dans les vallées proches près des mangeoires de jardins. N'a-t-il pas fait assez froid ou l'espèce a-t-elle perdu une partie de sa population ? Certes, on l'entend chaque jour pousser son cri dans les arbres mais il reste discret. Quant au Pinson du Nord, s'il y a quelques rares hivernants dans les vallées, il n'a pas encore été signalé ni autour ni aux abords de la réserve.
Le niveau d'eau des 2 étangs est à son maximum, mais il est maintenu en respect grâce aux aménagements et à la gestion du SIAVB. Espérons que les poissons viendront grignoter les plantes qui se sont développées excessivement sur la vasière ouest. On compte sur eux pour faire la différence entre "les bonnes et les mauvaises herbes" 😉.
Quelques photos d'archives de pinsons, dont un du Nord venu se glisser subrepticement dans la bande.





Mercredi 18 février 2026
Christian m'a signalé une Bergeronnette de Yarrell (Motacilla alba yarrellii) ce matin près de l'aqueduc des Mineurs. Cette sous-espèce de la B. grise niche dans les îles britanniques, mais déborde sur les côtes normandes où l'on trouve des hybrides. Elle hiverne sur les côtes de la Manche et atteint l'Île-de-France, notamment dans la moitié ouest. On la voit, presque chaque année, en petit nombre (souvent à l'unité) dans les mares des champs qui jouxtent l'étang Vieux, parfois sur une vasière. Si le mâle est caractéristique (noir sur le dos, entre autres critères), la femelle et les jeunes de 1ère année sont un peu plus difficiles à identifier. Pour ceux qui ne connaissent pas cette sous-espèce, la planche ci-dessous* compare les plumages femelle et jeune de la Yarrell avec ceux de la Grise.
William Yarrell (1784-1856) était un zoologiste britannique renommé (https://en.wikipedia.org/wiki/William_Yarrell). C'est John Gould (1804-1881), le descripteur de la sous-espèce, qui a honoré W. Yarrell en lui attribuant le nom de son collègue**.
Quelques images de cette Yarrell, de piètre qualité car elle se tient toujours à grande distance, notamment à Saclay. Par contre, elle peut être facile à approcher sur les côtes maritimes. J'ai rajouté 2 photos de la sous-espèce type.
* Extrait du Guide expert de l'Ornitho, Vinicombe, Harris et Tucker (Delachaux et Niestlé) 2014.
** Le descripteur d'un taxon ne donne jamais son propre nom à ce taxon mais honore soit un collègue, soit une personnalité de son époque.






Mardi 17 février 2026
En dehors de l'effectif de Bernaches qui avoisine les 150, ceux des autres oiseaux d'eau n'étaient pas bien "gras". Comme ils se dispersent sur les abords à cause du niveau d'eau, difficile d'avoir des comptages précis depuis la route. Les Hérons cendrés et les Grands Cormorans résistent au mieux malgré les bourrasques. Seule la lumière était de notre côté toute la journée !
Peut-être des images en fin de soirée si j'en reçois d'originales

Lundi 16 février 2026
On a beau donner le top de départ, ce n'est pas pour cela que les migrateurs font leurs bagages et prennent le premier vol collectif vers le nord. Patientons avant que les voies aériennes ne s'ouvrent. Les granivores poursuivent leur séjour dans les friches, là où les fruits secs abondent en cette saison. Citons, par exemple, la mélodieuse Linotte dont on m'a déjà signalé des bandes vers Orsigny mais pas encore sur les abords de la réserve depuis le début de l'année. Les bouleaux ne fructifient-ils pas suffisamment pour attirer ces gourmandes ? Si elle n'a pas une grosse tête, elle prétend par contre posséder une mémoire aussi bonne que celle de ses cousins du "même tonneau".





Dimanche 15 février 2026
Fallait se motiver pour aller "relever les compteurs" avant que la neige n'impose sa loi. Heureusement, ce n'était qu'un petit épisode qui ne marquera ni les esprits ni la faune. Je ne vous dis rien des canards ni de leurs effectifs. Les aimer, c'est une chose, les dénombrer alors que la bise se faufile sous le manteau, c'en est une autre... Seule satisfaction, les photos que JP a faites en partie sous les flocons. Les Mouettes en avaient perdu leur rire légendaire. N'en déplaise à Rabelais, elles refusent qu'il soit le propre de l'homme !
L'hiver ornithologique est terminé, vive la migration prénuptiale !






Samedi 14 février 2026
Si vous cherchiez des passereaux migrateurs ce matin, vous vous étiez trompés de jour. Même les canards trouvaient qu'il faisait froid ! Les 2 Tadornes étaient partis. Il restait 5 ou 6 Grandes Aigrettes, sur la vingtaine des habituées du champ qui jouxte la rive ouest de l'étang Vieux. Nous confirmerons demain s'il s'agissait d'une fuite ou d'une dispersion de circonstance pour se mettre à l'abri du vent fripon.
Quelques fleurs d'été pour patienter avant la belle saison, et le coucher pour compléter la palette des couleurs...







Vendredi 13 février 2026
Avec la météo humide du jour, on ne pouvait pas s'attendre à de belles observations sous une lumière resplendissante. Ce sera peut-être le cas demain si l'on en croit les oracles de Météo-France. Il y avait 2 Tadornes de Belon cet après-midi et au moins 20 Grandes Aigrettes dans le secteur.
Tous ceux qui observent les oiseaux en Île-de-France depuis plus de 40 ans se souviennent de la Mésange boréale qui était relativement commune sur les abords des étangs. On estimait l'effectif nicheur à 20 000 couples en 1995*, mais la situation a considérablement changé en 30 ans. Elle a quasiment disparu de notre région et se cantonne à quelques bastions dans le nord de la Seine-et-Marne. En 2013, on tablait sur 50-100 couples**. Il ne devrait pas rester plus de 30 couples actuellement. On ne connaît pas bien la raison de la régression de cette mésange en IDF et le phénomène a concerné toute la France (perte de 50 % des effectifs en 30 ans selon le MNHN). Disparition des milieux favorables, gestions des abords de zones humides et des bois proches... À Saclay, elle a niché jusqu’à la fin des années 1990***. Il y avait 4 ou 5 couples autour de l’étang Vieux en 1980, 3 en 1992, 1 seul en 1998 et aucun depuis.
La Mésange boréale ressemble beaucoup à la Mésange nonnette. C'est l'occasion de revoir les critères sur votre guide de terrain au cas où vous iriez faire une visite sur les étangs des boucles de la Marne...
Quant aux sonagrammes, pour ceux qui en sont "fan", voici un extrait de l'ouvrage de S. Wroza**** (les QR codes vous conduisent vers le site web de Xeno Canto).
* Les oiseaux d'Île-de-France (P. Le Maréchal et G. Lesaffre, 2000, ed. D&N)
** Les oiseaux d'Île-de-France (P. Le Maréchal, D. Laloi et G. Lesaffre, 2013, ed. D&N).
*** Le Maréchal P. (2015). Avifaune des étangs de Saclay (Essonne). Le Passer 48-2 : 22-44.
**** Wroza S. Identifier les oiseaux migrateurs par le son D&N, 2020.

Jeudi 12 février 2026
Il était souhaitable qu'il pleuve pour noyer la végétation excessive qui s'était développée cet été sur la vasière ouest. Le niveau est optimum à présent. Compte-tenu des prévisions météo, cette action de l'eau sur les plantes autochtones invasives devrait être efficace d'ici fin mars. Même si l'hiver ornithologique se termine dans 3 jours, on est encore loin de l'arrivée des premières hirondelles. On connaît plusieurs données de Rustiques fin février dans notre région (y compris à Saclay), soyons donc à l'affût d'une nouvelle date record... Par ailleurs, les coups de vent comme celui d'aujourd'hui peuvent nous apporter de belles surprises 🤞. Les canards montrent des effectifs relativement stables. Ce matin, ils se répartissaient sur les abords pour être protégés des rafales, ce qui les rendait moins faciles à dénombrer. Chez les "hérons blancs", il reste 2 Hérons garde-bœufs, 2 Aigrettes garzettes et 17 Grandes Aigrettes.
Quelques images d'ambiance du jour et le traditionnel coucher de soleil, puisqu'il y en a eu un ce soir.





Mercredi 11 février 2026
Le Grand Cormoran niche à Saclay depuis 2001. La sous-espèce Phalacrocorax carbo sinensis occupe les plans d'eau de l'intérieur des terres et P. c. carbo les côtes maritimes. Mais les sinensis s'approchent des côtes pour nicher, entraînant la formation de couples des 2 sous-espèces (c'est pour cela que ce sont des sous-espèces...). Curieusement, un poussin bagué couleur au nid à Chausey-50 (îlot dit du Petit Romont), le 4 mai 2003, a été observé à Saclay le 7 mai 2005. Ce pourrait bien être un représentant de la sous-espèce "maritime" compte-tenu de la distance de cette île de la côte. On a plusieurs autres contrôles de bagues colorées en Île-de-France, mais il s'agissait toujours d'individus issus des colonies d'Europe du Nord ou Nord-Est. Cette année, au moins 30 couples sont déjà installés sur la rive sud à Saclay. On devrait atteindre 75-80 comme l'an passé. À suivre !
Dès janvier, les adultes de sinensis présentent une tâche blanche en haut de la cuisse et des plumes blanches sur le crâne et le cou. Les images d'archives ci-dessous montrent différents individus et leur tête plus ou moins marquée de blanc selon leur âge 😉.
PS. On peut distinguer un Carbo d'un Sinensis typique, de près ou sur une photo, en examinant l'angle du jaune du bec (schéma ci-dessous extrait du Guide expert de l'ornitho D&N).






Mardi 10 février 2026
Ça bouge un peu chez les migrateurs. Après l'arrivée hier de la Mouette mélanocéphale, aujourd'hui c'est la Nette rousse qui a fait sa première apparition pour 2026 (2 couples). L'occasion de rappeler le statut de cette espèce sur nos 2 étangs favoris et dans notre région. La Nette peut hiverner à Saclay. Ce fut le cas en 2024-2025 (1 femelle) par exemple. Quand elle ne passe pas l'hiver, elle arrive en février / mars. Un millier hivernent en Île-de-France (recensements de mi-janvier), dont la grande majorité dans la Bassée seine-et-marnaise. Ce qui place le sud de ce département parmi les 5 sites français d'importance internationale ! La Nette n'a jamais niché à Saclay et pourtant on y a cru plusieurs fois, notamment avec ce couple (peu farouche...) que l'on a vu parader et s'accoupler au printemps 2022. Probablement échappés d'un parc animalier ou d'une collection privée, ils ne devaient pas être préparés à se reproduire en milieu sauvage. Une vingtaine de couples nichent dans notre région, répartis dans le nord et le sud 77.
Quelques images, dont la première prise ce matin dans les conditions météos plus que grises 😏, mais qui a le mérite de témoigner de leur présence.



Lundi 9 février 2026
Les labours ont commencé sur le plateau de Saclay, notamment à la ferme d'Orsigny. Nombre d'oiseaux se pressaient dans les sillons pour glaner les bestioles sorties brutalement de leurs caches par les socs étincelants. Ces terres exemptes de traitements chimiques doivent fournir une belle diversité de petites proies dont profitent laridés, ardéidés, corvidés et sturnidés, spécialistes d'une telle stratégie alimentaire. La période des labours est propice pour l'arrivée des premières Mouettes mélanocéphales* et ce fut le cas dans l'après-midi. On les détectait grâce à leurs miaulements caractéristiques. Au moins 5 avec des dizaines de Rieuses et 2 Goélands bruns. Hérons cendrés et Grandes Aigrettes n'étaient pas en reste pour défendre leur part du gâteau. Quelques images d'archives. Pour le Héron cendré, l'important c'est d'avoir toujours les plumes nucales qui flottent au vent, quelles que soient les acrobaties.
* Elles passent de plus en plus tôt. Autrefois... c'était en mars qu'on les voyait apparaître !






Dimanche 8 février 2026
Cet après-midi, on voyait voler les premiers Citrons (Gonepteryx rhamni) et les abeilles domestiques bourdonnaient. Une lueur d'espoir s'est allumée dans les cœurs qui attendent le réveil de l'entomofaune et de la flore. Sur l'eau, les Sarcelles d'hiver paradaient à grand renfort de sifflements. Si leurs effectifs ont diminué (une centaine), ceux de Souchets ont augmenté régulièrement depuis le début de la semaine (env. 120 ce jour). Les deux espèces de fuligules se comptent entre 15 et 20 chacune selon les jours. La colonie de Hérons cendrés est particulièrement bruyante. Si aucun coup de froid ne survient d'ici la fin du mois, il y aura des naissances précoces. Un vol de Cigognes m'a été signalé hier après-midi vers Jouy. Surveillons les airs ! Quelques espèces communes en images (fixes ou animées) qui ont le mérite d'être de la semaine et même du jour.








Samedi 7 février 2026
Une troupe conséquente de 17 Grandes Aigrettes trouve sa pitance dans le champ ouest, près de la ferme d'Orsigny. Le Héron garde-bœufs hivernant fait des apparitions ponctuelles sur l'étang Vieux, étonné par l'activité bruyante de ses cousins cendrés. C'est le seul qui n'a "rien lâché" pendant l'épisode de neige. Il a même fait sien ce vers de Victor Hugo "et s'il n'en reste qu'un, je serai celui là"*. Février nous donne l'espoir de voir Pilets et Siffleurs remonter vers le nord, mais c'est également le mois des pics. On les entend ici et là exprimer leur contentement. Tous nichent à Saclay, excepté le Pic noir, mais il passe régulièrement chercher de quoi varier son menu quotidien. Ci-dessous quelques photos d'archives. Le Pic noir de Suzanne** a été pris un peu plus loin que Saclay, mais faisons exception. Il a failli s'installer là où le "casseur de noisette" avait établi son logis. L'écureuil n'hésite pas à utiliser un ancien trou de pic et, en l'occurrence, ce devait être celui du Pic noir qui est le seul capable de creuser une telle cavité dans un arbre vivant au bois dur, comme un chêne par exemple !
* pour ceux qui voudraient relire Ultima verba, un lien parmi tant d'autres : https://www.bonjourpoesie.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/ultima_verba.
** l'ensemble de la séquence et d'autres photos de Suzanne : https://www.flickr.com/photos/183511314@N06/with/55066535832.







Vendredi 6 février 2026
Une panne internet sur le réseau ne me permettra pas de donner les actualités ce soir, ni d'images. Juste ce message en partage de connexion. Désolé.
Retour du réseau vers 20h30 pour vous faire profiter du coucher de soleil de Johan, de chaque côté, après une journée quasi printanière pendant laquelle les passereaux ont exercé leur voix.


Jeudi 5 février 2026
La grande nouvelle du jour est la signature par la préfète de l'Essonne de l'Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope des 2 étangs de Saclay* ! Plus de 7 ans de discussions, négociations, coupés par les années COVID et d'autres soucis au niveau de la DRIEAT. Mais avec un peu de persévérance, tout finit par se réaliser. Cette APPB apporte aux 2 étangs une protection forte pour l'avenir, mais également des contraintes pour la gestion. Je mettrai le texte à télécharger dans le menu Oiseaux, la Liste et les rapports. Tous les prochains travaux devront être validés par la préfecture. Nous n'en avons pas à court terme. La plupart des projets ont été réalisés entre 2020 et 2025. A présent ils nécessitent un suivi faune-flore.
Sur le champ qui jouxte l'étang Vieux, 15 Grandes Aigrettes ce matin. Elles avaient changé de pâture cet après-midi. Quelques photos dont 2 récentes (celles de gauche). Sur le coup, j'ai trouvé curieux ce passage migratoire en février, mais finalement, cela est déjà arrivé en 2024. Un début de remontée de celles qui nichent en Europe de l'Est ? Possible, rappelons que nous avons eu la visite en 2019 d'une jeune baguée en Lituanie.
Si les effectifs de canards restent modestes, la colonie de hérons se charge un peu plus chaque jour avec la douceur ambiante.
* Pour ceux qui connaissent et y passent, l'APPB des Trois mares a également été signé. La procédure fut plus rapide car ce n'est pas un terrain militaire...




Mercredi 4 février 2026
Comme les porteurs de plumes ne nous donnent pas toutes les satisfactions que nous attendons d'eux, on va s'intéresser aux visiteurs de la nuit qui se baladent "à poil", avec comme seul objectif une rencontre capable de satisfaire leurs appétits insatiables de chair fraîche. Petite compilation 2025 provenant des meilleurs rushes de nuit grâce à un piège-vidéo adapté (flash LED). Vous reverrez ainsi Fouine, Martre, Blaireau et Renard. J'ai de nombreuses vidéos en noir & blanc (flash IR) avec d'autres appareils, mais avouez qu'on apprécie la couleur en dépit d'un rendu moins riche en contraste qu'à la lumière du jour. Seul le renard semble gêné par cette étrange lumière. Mais qu'est-ce qui ne surprend pas le renard ?
NB. Pour les connaisseurs et pratiquants de pièges-vidéos, j'utilise un Bolyguard SG2060T. J'attends la création d'un appareil avec un capteur qui permettra d'avoir un nombre d'images par seconde plus important, et donc un meilleur rendu des mouvements, et tant qu'à faire, un temps de réaction plus rapide...

Mardi 3 février 2026
Les Hérons cendrés sont bien installés pour avoir des descendants et maintenir leur lignée coûte que coûte. Au moins 10 nids sont occupés et on devine même une femelle en train de couver. Les Grands Cormorans se contentent de construire leurs nids, plus en hauteur, au-delà des branches qui porteront des feuilles. Ils seront ainsi plus faciles à dénombrer, mais l'avenir de ces supports est compromis à terme car les arbres ne résistent pas longtemps aux jets répétés de fientes à la belle saison.
Quelques photos envoyées récemment par JP et le coucher de soleil pour les admirateurs/trices de Râ.







Lundi 2 février 2026
Pour une fois, le brouillard matinal a bien voulu jouer avec le soleil pour nous faire vivre quelques instants que nous oserons qualifier de féériques, en regard des pénibles journées de la semaine dernière. Du coup, vous ne pourrez pas échapper à quelques ambiances telles que nous les avons vécues ce matin avec tous ceux qui sont venus au bon moment. Je rajoute une partie des clichés artistiques envoyés récemment par JP. Il en reste rassurez-vous 😉. Je ne vous dis rien des canards, j'attends qu'ils fassent un petit effort pour nous surprendre 😇.








Dimanche 1er février 2026
Que peut nous apporter Février comme espèces peu communes ou rares, nouvelles pour l'année ? Les grands voyageurs comme la Grue cendrée et la Cigogne blanche. Chez les laridés, les premières Mouettes mélanocéphales, Mouettes pygmées et, avec un peu de chance, un Goéland cendré (devenu rare depuis une dizaine d'années). Chez les anatidés, l'Oie cendrée, le Pilet et le Siffleur (on a déjà une donnée en janvier). Un plongeur rare est toujours espéré bien sûr, souvenez-vous des Milouinans de l'an passé. Enfin, un limicole qui peut nous surprendre à cette époque, l'Huîtrier pie. Ceux qui traversent le continent nichent en Europe du Nord. Ceux qui se reproduisent sur nos côtes maritimes sont sédentaires. Ces migrateurs au long cours se posent où ils peuvent, l'an passé sur le radeau des Sternes, mais en 2014, carrément sur le bord du promontoire de la RD 446 (photo du 27 février).
Encore 15 jours et l'hivernage est terminé. Qu'on se le dise chez les porteurs de plumes qui voudraient se vanter d'avoir hiverné à Saclay. Espérons moins de brouillard le matin pour les prochains jours... Ça devient pénible 🙏😏.



Samedi 31 janvier 2026
Le dernier jour du mois est l'occasion de faire le bilan mensuel. Janvier a été marqué par 8 jours de gel des eaux des 2 étangs, sans que cette petite vague de froid nous ait apporté des surprises en oiseaux d'eau. On notera les 2 mentions de Butor les 11 et 16. On ne sait pas si cet "étoilé" est toujours présent. L'hybride Milouin x Nyroca a été signalé du 11 au 13 ainsi que le bagué nasal J49 du 13 au 21, lorsqu'un groupe conséquent de Milouins est passé. Finalement, ce sont les rapaces qui ont marqué ce mois : Le Busard Saint-Martin le 11 et le Faucon pèlerin le 28. La Bécasse des bois a été filmée par un des pièges-vidéos rive nord, et a été vue en vol le 30, probablement levée par les chiens lors de la battue.
Images du jour qui traduisent l'ambiance de presque tous les matins de la semaine passée.



Vendredi 30 janvier 2026
Un passage rapide cet après-midi a permis de constater un joli désordre dans la répartition des canards, tous dispersés sur chacun des 2 étangs. Apparemment la battue côté étang Vieux s'est déroulée dans la seconde partie de la matinée (si j'en crois le passage des chiens devant mes pièges-photos 4G). On fera un décompte demain quand le calme sera revenu.
La Buse variable est connue pour avoir un régime carnivore varié. En hiver, elle se contente de ce qu'elle trouve, et finir des restes d'animaux morts ne la repousse pas (1ere partie de la vidéo d'archive). La seconde partie montre la capture d'un lombric (séquence de cette semaine sur un autre piège-vidéo). Pour nourrir ses jeunes, elle privilégie les petits rongeurs (photo ancienne). Quand on en voit une avec de la végétation, ce n'est pas qu'elle a "viré sa cuti" de carnivore, mais qu'elle aménage un lit douillet en duvet léger pour ses "petits choux" .


Jeudi 29 janvier 2026
Il a fallu beaucoup de patience pour voir la bise écarter le voile de brume et nous révèler la présence des oiseaux d'eau. Simple constat : les canards habituels sont toujours là, avec les mêmes effectifs. Les Hérons cendrés et les Grands Cormorans bâtissent leur nid avec une motivation qui force le respect. Transport de branches et autres matériaux pour les Cormorans (photos d'archives). Certains Hérons cendrés ont enfilé leur combinaison étanche afin de profiter du bain de midi saisonnier (vidéo ancienne qui reflète une observation du jour). Une tradition qui se transmet de génération en génération 😇.
NB. Battue administrative de sangliers demain matin 🐗😏.



Mercredi 28 janvier 2026
Nouvelle espèce pour l'année 2026, un Faucon pèlerin signalé par Christian cet après-midi. Apparemment, un jeune de première année si on en croit les restes de plumes jaunes derrière la tête. L'oiseau était vraiment loin, mais avec les moyens modernes de la digiscopie (et une longue vue de haute qualité optique), on peut arriver à faire un document montrable (ci-dessous, photo et vidéo). Quand est-il possible de voir le Pèlerin à Saclay ? Eh bien un peu toute l'année puisque sur les 15 dernières années, chaque mois a été concerné. Dans la majorité des cas, il s'agissait d'un jeune. J'ai rajouté 2 photos prises par des "pros" qui étaient là au bon moment (septembre 2021) lorsqu'un "vagabond" leur est passé au "ras de la casquette".





Mardi 27 janvier 2026
Deux insectivores paludicoles nichent et hivernent dans notre région. Ce sont la Bouscarle de Cetti et la Cisticole des joncs. Il y a une douzaine de mâles chanteurs de Bouscarles sur l'ensemble des 2 étangs. Par contre, la Cisticole n'a pas été vue depuis plus de 30 ans. Elle a niché en 1977 et 1984 sur l'étang Vieux. Par la suite, elle est restée occasionnelle en migration et en période hivernale, les dernières mentions datant de la fin des années 1980*. Et pourtant, elle niche et hiverne non loin, notamment dans la vallée de l'Yvette, là où elle trouve les prairies humides (bassins de régulation des crues) qui lui conviennent. Malheureusement, ces milieux, qui existaient encore il y a une trentaine d'années autour de l'étang Vieux, ont à présent été envahis par les ligneux. On restera à l'écoute chaque printemps avec l'espoir de ré-entendre la Cisticole au passage, même si elle ne trouve plus son milieu de prédilection aux abords des étangs.
Les photos de Cisticole ci-dessous n'ont pas été prises à Saclay, par contre les Bouscarles ont été photographiées depuis la route. Belles couleurs du soir après une journée bien grise !
* Cette espèce a subi plusieurs fluctuations de ses effectifs dans notre région à la suite des grandes vagues de froid. Son retour récent date du début des années 2000.





Lundi 26 janvier 2026
Il faut parcourir les champs alentour pour découvrir les effectifs réels de Grande Aigrette. Cet après-midi, il y en avait 8 dans les champs côté Orsigny, plus une sur l'étang Vieux et une sur l'étang Neuf. On atteint donc allègrement la dizaine alors qu'il n'y en avait pas plus de 5 pour le comptage du Wetlands. Elles m'ont peut-être échappé, mais on peut également faire l'hypothèse d'une remontée des hivernants, ce qui n'est pas "classique" fin janvier en regard des autres années. Mais à quoi peut-on se fier avec ces oiseaux ? Par ailleurs, elles ne dorment pas en groupe sur les arbres comme les Hérons garde-bœufs, mais elle se dissimulent dans les roselières. Il est donc difficile de les dénombrer au coucher du soleil. Cette aigrette est une des espèces les plus photographiées à Saclay. Quelques images des archives faites entre décembre et février. Ça ne bouge pas beaucoup dans les effectifs de canards. Ils sont toujours localisés le long de la rive sud, excepté les Morillons qui se remuent un peu le croupion pour passer sur l'étang Neuf.






Dimanche 25 janvier 2026
Les rapaces sédentaires sont les premiers à nicher. Mais quels sont ceux qui nichent encore sur le pourtour des étangs ? Le Faucon crécerelle irrégulièrement, il utilise parfois le nid d'une pie. La Buse variable, mais pas tous les ans; elle s'installe plutôt sur la rive nord de l'étang Vieux. Enfin, l'Épervier d'Europe, mais il se fait rare ces dernières années et je n'ai aucune preuve de nidification récente. Il y avait encore 2 couples il y a 30 ans. Pour ce qui est des rapaces migrateurs, le Milan noir est le plus régulier depuis ses constructions de nids à partir de 2016 et sa première reproduction en 2020. Le nid du Faucon hobereau, que l'on voit chasser les libellules dès fin avril, n'a jamais été localisé. On a soupçonné les abords de l'étang Neuf. Reste le Busard des roseaux, qui nichait régulièrement sur l'étang Neuf jusqu'aux années 1940. La dernière tentative date de mai-juin 2023 (1 mâle adulte nourrissant une femelle, mais sans reproduction apparente).
En résumé, en attendant ces migrateurs, n'hésitez pas à signaler les allers et venues de l'Épervier.
Quelques photos d'archives des rapaces cités. Chevreuils sur le champ nord dans la brouillasse matinale (d'où le grain) et "notes" de Vanneaux sur partition un peu disloquée. Les plus mélomanes d'entre-vous y verront peut-être un air de fin d'hiver 😎🎼.









Samedi 24 janvier 2026
On a passé un mois d'hiver calendaire et dans 3 semaines c'est la fin de l'hiver ornithologique. La dernière semaine de janvier peut déjà voir remonter les oies grises. Encore faut-il qu'elles soient descendues au-delà de la Loire... Elles sont devenues bien paresseuses depuis quelques années (voire quelques dizaines !). Leur seule excuse : économiser l'énergie puisqu'elles trouvent dans les polders des "plats pays" tout ce dont elles ont besoin pour préparer la rentrée reproductive. Ça ne signifie pas que nous ne pouvons pas en voir passer. Fixons nos regards les plus enjôleurs vers le sud, histoire de les inciter à se poser sur nos étangs favoris. Les cris des bernaches peuvent les aider à trouver le bon chemin. Pour une fois qu'elles pourraient nous rendre service au lieu de nous casser les oreilles 😇. Quant aux passereaux, ils restaient très discrets, ou alors tous partis dans les jardins 😉.
Quelques images de canards tels qu'on pouvait les voir depuis la RD446 (prises ce matin par François).

Vendredi 23 janvier 2026
Entre 300 et 400 Vanneaux huppés hivernent dans les champs qui bordent l'étang Vieux. Ils sont souvent sur les hautes Bornes, c'est-à-dire côté nord. On les voit s'envoler régulièrement dans la journée, sans qu'ils aient été effrayés (apparemment tout au moins) peut-être simplement pour se dégourdir les articulations. En regard des autres membres de la famille (Charadriidés), ils se distinguent pas des ailes larges qui leur confèrent un vol lent, mais, en contre-partie, leur permettent de pratiquer des virages rapides et probablement d'échapper ainsi à leurs prédateurs.
D'où provient ce nom vernaculaire de Vanneau ? Penchons-nous une nouvelle fois sur les écrits de Cabard et Chauvet (l'Étymologie des noms d'oiseaux Belin, ed. 2003) :
"Vanneau, du latin vannus (van, ustensile à vanner) et vannulus (petit van) ; d'où vanner (agiter et tourner le grain dans le panier à fond plat à deux anses, appelé van). Nom donné par analogie entre la forme des ailes et celle du van et ses anses, ou peut-être par analogie sonore entre le bruit des ailes et le bruit du grain agité dans le van par le vanneur. On peut aussi y voir encore une allusion aux déplacements vifs et irréguliers de l'oiseau en vol ; ainsi M. Desfayes rapproche ce nom de mots en rapport avec le mouvement tel celui d'un fanion, fan (en anglais, éventail). On trouve vaniel, en 1360, et vanneau, à partir de 1530."
Quelques images d'archives.





Jeudi 22 janvier 2026
Le Râle d'eau se caractérise par une capacité à se déplacer discrètement dans la végétation aquatique et une capacité à s'exprimer bruyamment. Lorsqu'il n'émet pas son cri de "grognement d'un porc à l'agonie", on le détecte par une série de "kipp kipp". Il est plus petit qu'une Poule d'eau et environ de la taille d'un Chevalier culblanc. Rien de particulier à signaler sur les canards, excepté la variation des effectifs de fuligules. Quelques photos des archives et le coucher de soleil du jour, que Johan n'a pas hésité à qualifier de "grandiose".




Mercredi 21 janvier 2026
Quelques espèces que vous auriez pu observer en vol ou posées si vous étiez venus. Les canards brillaient de mille feux au soleil. Les Sarcelles d'hiver étaient les plus abondantes et paradaient discrètement. La femelle de Milouin J49 a été revue en vol. Images du jour ou presque.






Mardi 20 janvier 2026
On se contente de suivre les effectifs d'oiseaux avec l'espoir non dissimulé de voir arriver un visiteur venu du nord ou simplement remonté du sud après sa descente vertigineuse pour échapper au gel et la neige. Le Bruant des roseaux n'a pas encore été signalé sur les abords des 2 étangs. Il faut rappeler qu'en hiver il préfère les friches ou les bassins de retenue des eaux pluviales, là où ses ressources alimentaires préférées sont plus abondantes. Ainsi, on me l'a signalé près des fermes. Il se regroupe le soir avec d'autres granivores en dortoirs proches des bâtiments qui accueillent les animaux d'élevage. Son retour vers les roseaux est sensible fin février généralement.
Photo récente de ce bruant à la ferme d'Orsigny. Peut-être d'autres images en fin de soirée.
